CSRD : le film au service de la double matérialité
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La double matérialité survit à la simplification de la CSRD : l'entreprise rend compte de son impact sur le monde et de l'impact du monde sur elle. Un cadre exigeant que le film peut servir, à condition de s'adresser aux bons publics.
Selon l’EFRAG, la révision de la CSRD a ramené les points de données obligatoires autour de 300, contre plus de mille au départ. Mais un principe survit à cette simplification, et il reste structurant : la double matérialité. L’entreprise rend compte de son impact sur le monde, et de l’impact du monde sur elle. Ce double regard a une conséquence directe sur la communication : il définit à qui s’adresse un film de durabilité, et comment il doit être fait.
Comprendre le double regard
La double matérialité combine deux perspectives. La première, tournée vers l’extérieur : comment l’activité de l’entreprise affecte l’environnement et la société. La seconde, tournée vers l’intérieur : comment les enjeux de durabilité, climat, ressources, réglementation, affectent la performance et les risques de l’entreprise. Le rapport doit traiter les deux.
Ce cadre change la nature du discours. Il ne s’agit plus seulement de montrer de bonnes intentions au grand public, mais de démontrer, à des publics avertis, que l’entreprise comprend ses impacts dans les deux sens et les pilote.
Un public qui ne se laisse pas séduire
Le destinataire d’un film de double matérialité n’est pas le grand public. Ce sont les investisseurs, les agences de notation extra-financière, les analystes, les parties prenantes qui lisent vraiment les rapports. Ce public-là a une particularité : il se méfie de l’emphase. Une voix off lyrique, une musique montante, des images de nature au ralenti déclenchent chez lui le réflexe inverse de celui recherché. Il y voit, à juste titre, une tentative de séduction qui masque un manque de fond.
Ce qu’il cherche, c’est du concret : des actions situées, des chiffres vérifiables, une compréhension honnête des risques. Un film qui s’adresse à lui doit accepter la sobriété comme une exigence, pas comme une contrainte esthétique.
Filmer la preuve, des deux côtés
Servir la double matérialité par le film suppose de documenter les deux regards. Côté impact sur le monde : filmer les actions concrètes, sur le terrain, avec les personnes qui les mènent, indicateurs à l’appui. Côté impact du monde sur l’entreprise : donner à voir comment l’organisation s’adapte, anticipe, transforme ses procédés face aux contraintes de durabilité.
Dans les deux cas, la règle est la même que pour tout film de preuve : partir d’une action réelle, jamais d’un message à habiller. La sobriété et la précision font la crédibilité. L’émotion, ici, se gagne par la justesse, pas par la mise en scène.
Le complément du rapport, pas son remplacement
Un film de double matérialité ne remplace pas le rapport ; il le complète. Le rapport prouve, par la donnée. Le film montre, en donnant un visage et un lieu à cette donnée. Destiné aux bons publics, sobre, ancré dans le réel, il peut rendre lisible une trajectoire que le document chiffré laisse abstraite. C’est sa seule justification, et elle suffit.
Ce qu’il faut retenir
- La double matérialité survit à la simplification de la CSRD : impact sur le monde et impact du monde sur l’entreprise.
- Le public visé, investisseurs et parties prenantes, se méfie de l’emphase et cherche le concret.
- Servir ce cadre par le film suppose de documenter les deux regards, preuve à l’appui.
- Le film complète le rapport : il montre ce que la donnée prouve, avec sobriété.
Pour aller plus loin
- CSRD allégée : le film RSE a-t-il encore un rôle ?
- Reporting de durabilité : filmer la preuve, pas la promesse
Sources
Questions fréquentes
Qu'est-ce que la double matérialité ?
Le principe selon lequel l'entreprise rend compte à la fois de son impact sur l'environnement et la société, et de l'impact des enjeux de durabilité sur sa propre performance. Deux regards, vers l'extérieur et vers l'intérieur.
À qui s'adresse un film de double matérialité ?
Aux investisseurs, aux agences de notation extra-financière, aux parties prenantes qui lisent vraiment les rapports. Un public exigeant, qui cherche du concret et du vérifiable, pas de l'émotion.
Comment rendre crédible un film destiné aux investisseurs ?
Par la sobriété et la preuve. Des actions situées, des indicateurs vérifiables, aucune emphase. La crédibilité naît de la retenue, pas de la mise en scène.
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